L'aître Saint-Maclou de Rouen.

Qu'est ce qu'un aître ?

     Un aître au Moyen-âge était souvent un terrain entourant une église et qui servait de cimetière-charnier. C'est également une galerie servant d'ossuaires. Le seul que j'ai pu admirer en France se trouve à Rouen.

     L'aître de Saint-Maclou de Rouen dépend de l'église éponyme. C'est la paroisse la plus peuplée de la ville et le précédent cimetière utilisé depuis la Grande peste est rapidement plein. Un terrain attenant à l'église est acheté dans la rue du chaudron, puis est agrandi au gré des acquisitions. Suite à une nouvelle épidémie vers 1520,  il n'est plus question de l'agrandissement, il n'y a plus d'espace libre.


 


     Guillaume Rybert commence en 1526 la construction de galeries surmontées de combles. Les ossements devaient y reposer. Les quatre ailes sont achevées en 1651. On inhumait dans la cour et on déposait les ossements découverts en creusant les fosses dans les galeries.

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     La décoration extérieure de la cour est sinistre, et pour peu que le ciel soit gris, l'univers infiniment macabre se renforce. Sur les poutres demeurent sculptés dans le bois une profusion d’ossements ou d’objets ayant rapport avec la mort et les pratiques d’inhumation. Lors de notre présence en ces lieux, une atmosphère imposait le silence parmi les rares visiteurs (le lieu est assez en retrait de la rue comme dissimulé aux regards). Certaines décorations seront abîmées lors des violents affrontements religieux de la fin du XVIe.

     Au début du XVIIe, aussi incroyable que cela puisse paraître, une école s'installe dans ces murs. Les galeries sont débarrassées des ossements et des bureaux d'écoliers les remplacent. Dans les années 1770,  le Parlement de Normandie décide la suppression de tous les cimetières urbains. L'aître ferme et est réaménagé pour accueillir davantage d'écoliers (et ce jusqu'en 1920 !). En 1927, la ville acquiert le terrain et les bâtiments laissés à l'abandon. Depuis 1940, c'est l'école d'architecture de la ville qui s'y installe.


Bibliographie :
LOTH (J.), L'Aître Saint-Maclou, Rouen, 1908-1909-1910, 209 p.
MOUILLESEAUX (J.P.), VENOT (M.), L'Aître Saint-Maclou de Rouen, Rouen, 1980.
NAILLON (Ed.), Rouen, ville d'art et d'histoire, églises, chapelles et cimetières à travers les âges, Rouen, 1936.


E.M

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