Saint-Hubert de Liège à Cast (29) !


        Monument en kersanton de la Renaissance, la chasse de Saint-Hubert à Cast dans le Finistère daterait des années 1520-1530. A l'origine cet ensemble statutaire se trouvait adossé au mur du presbytère, ce qui explique le positionnement en ronde des sculptures qui n'avaient pas vocation à être contemplées de tous les côtés. Depuis les années 1950, la scène est installée au près de l'église Saint-Jérôme (angle sud-ouest) et placée sur un soubassement de granit et de schiste (3m * 2m de largeur).


La Chasse de saint Hubert à Cast, photographie médiocre car prise de voiture.
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La légende de saint-Hubert

 
        Selon la légende chrétienne, Hubert était un seigneur qui préférait consacrer tout son temps aux mondanités et à la chasse plutôt que de s'occuper de ses terres comme des responsabilités qui en découlaient. Un jour de Vendredi saint, alors qu'il traquait seul le gibier dans la forêt, il se retrouva face à un majestueux cerf extraordinaire, qui, en plus de sa blancheur, portait une croix lumineuse entre ses bois. En outre, il ne se fatiguait jamais, même lorsque Hubert entreprit de poursuivre afin de l'abattre.

        Soudainement, l'animal stoppait sa course tout en s'adressant au chasseur. Car le cerf était aussi doté de la parole ! Il fustigea le goût immodéré du seigneur pour la chasse : " Jusqu'à quand cette vaine passion te fera-t-elle oublier le salut de ton âme ? " Ébahit, Hubert s'agenouilla avec déférence, il promit au cerf de se convertir, de faire pénitence de ses péchés et de consacrer la fin de sa vie à l’Église chrétienne.


        Au delà de ce texte hagiographique, Hubert aurait bel et bien existé au tournant des VII et VIIIème siècles. Noble franc apparenté par sa mère à la famille des Pépinides (Charles Martel ...), il est effectivement devenu évêque de Liège, après dit-on avoir été touché par la grâce divine. D'ailleurs, il est souvent cité comme étant le principal fondateur de la ville (et premier évêque !), d'où son nom d'Hubert de Liège. Il serait mort vers 727 dans la province de Limbourg (Flandre belge actuelle). Il est canonisé en 743. 




Des Saint-Hubert pour une chasse, vers 1915.


Pour la petite histoire :

        Au IXème siècle, des moines transfèrent les restes (reliques) du saint dans un monastère situé dans les Ardennes belges. Cette région encore très boisée - J. César avait déjà évoqué cette forêt primaire dans La guerre des Gaules - est toujours un haut-lieu de la chasse. Or pour chasser, les moines élevaient une race de chiens, connus aujourd'hui sous le nom de ... Saint-Hubert !





Les personnages de la scène


        Malgré un crucifix entre ses bois arrondis, le cerf est l'élément sculpté le plus facilement identifiable, d'autant plus qu'il domine la scène. Dans la culture celte, le cerf était le symbole du lien entre la vie éternelle, le ciel et la terre. Aux traits fins, saint-Hubert (flèche bleue) est représenté les mains jointes et un genou à terre, son regard posé sur le cerf. Ses vêtements - pourpoints, surcots, chaussures arrondies et garnies d'éperons - sont typiques de l'époque François Ier (Renaissance). Ci-dessous sous le cor de chasse, on aperçoit qu'au baudrier, l'épée et le pommeau sont assez finement sculptés.



Éléments de la Chasse de Saint Hubert. Source internet : auteur Henri Moreau.


        Maintenant, qui peut bien être le dernier personnage accompagné de son cheval (flèche jaune) ? Il s'agit vraisemblablement du commanditaire de l’œuvre : Jehan le Gentil, grand bailli de Cornouaille (représentant du roi dans un bailliage). Debout, il tient le cheval - aux proportions peu réalistes - de saint-Hubert. D'une lignée aristocratique déjà bien établie dans le Porzay, Jehan le Gentil a en plus jouit de la position de sa sœur Louise comme dame d'honneur auprès de la reine de France : Anne de Bretagne. Enfin, deux chiens viennent compléter la scène.



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