Glenmor, le barde breton des temps modernes disparait.


        Glenmor alias Milig, ou à l'état civil français Émile Le Scanv (Milig ar Skañ) est né un 25 juin, à Maël-Carhaix dans les Côtes d'Armor, au lieu dit Ar Vouilhen. Aujourd'hui, 20 années déjà qu'il s'en est allé rejoindre ses "oiseaux" (Cf. ci-dessous).

        Glenmor (Milig ar Skañv e oa e anv e brezhoneg, Émile Le Scanf en ti-kêr), a oa ur barzh brezhoneger, ur c'haner, oberour ha sonaozour brudet. Ganet eo bet d'ar 25 a viz Even 1931 e Mêl-Karaez. Aet eo d'an anaon d'an 18 a viz Even 1996 e Kemperle.

        Fils de petits paysans, ses parents Joseph Le Scanv et Germaine Coutellec, achètent une petite ferme au village de Saint-Tiennec l'année de sa naissance (1931). Parlant breton à la maison, comme tant d'autres enfants, Glenmor est persécuté à l'école à cause de sa langue maternelle ou de son accent prononcé en français. Plus tard, en 1941, il entre au petit séminaire de Quintin, étudiant le latin ainsi que la théologie. A 17 ans, il obtient d'ailleurs ses deux baccalauréats. Son service militaire à Paris effectué, il s'inscrit en philosophie à Rennes, licence qu'il obtient en 1952. Mais ne se sentant aucune vocation pour la vie religieuse et devenu même assez violemment anticlérical, il se lance alors dans une longue errance pour mieux mettre en accord une pensée et des actes, parcourant successivement l'Italie, la Grèce, la Turquie, la Yougoslavie et la Russie et exerçant toutes sortes de petits métiers. En 1955, il est embauché à Paris dans l'entreprise de bâtiment de Jean-Jacques Le Goarnig - le défenseur des prénoms bretons - mais, atteint de tuberculose, il doit suivre un traitement médical pendant 18 mois, à l'hôpital Cochin, puis à l'hôpital Laënnec et enfin dans un sanatorium alpin. Mais déjà dans son esprit le bardisme tend à prendre une place déterminante. 
       


       
        Doué pour l'écriture, il compose des poèmes, des textes de chansons et donne son premier récital public à Paris avec Denise Mégevand à la harpe (1959). Ses récitals se multiplient et il tente dès lors, non sans mal, de vivre de ses chansons, interprétant aussi des textes d'Armand Robin, de René-Guy Cadou et d'autres poètes. En 1965, il sort un premier disque 33 tours. Sa grande silhouette de barde devient un symbole et ses chants exprimaient la révolte bretonne, comme Viviana, Princes entendez bien, Kan Bale Nevenoe. En 1967, il compose Ils se meurent nos oiseaux à propos de la "marée" noire causée par le naufrage du Torrey Canyon sur les côtes nord de la Bretagne. Il est également l'auteur du très célèbre Kan bale an A.R.B., devenu hymne du F.L.B. / A.R.B. Il est notamment l'un des tous premiers chanteurs d'envergure à chanter en breton dont la renommée dépasse les frontières régionales, ouvrant la voie à une nouvelle génération de chanteurs bretons conscients de leur identité.

         Avec Alain Guel et Xavier Grall, il lance un journal : La nation bretonne. Malgré la maladie, il a aussi l'ambition de faire œuvre de romancier, il écrit dans les dernières années de sa vie plusieurs récits dont la plupart posthumes sont publiés après sa disparition par l'association "Glenmor, an Distro".



        Lors de ses émouvants obsèques, plus de 4.000 personnes sont présentes à Maël-Carhaix (ici). Les hommages sont très nombreux, y compris parmi la jeune génération à l'image de Clarisse Lavanant. La scène principale des Vieilles Charrues porte également son nom depuis 1998. Car le grand barde Glenmor en a essaimé des héritiers ...




Pour en savoir plus :

ici : J'avais 5 enfants, Glenmor par Clarisse Lavanant et Dan Ar Braz.
ici : Discographie complète de Glenmor, Dastum.   Consultation 14/06/16
Abjean (R.), Glenmor, Chansons kanaouennoù, 2007.
Glenmor, l'homme qui a réveillé la conscience bretonne, in Bretons, Juin 2011, n° 66.
Goasdoué (Y.), Barde de Petite Bretagne, in Cahiers de l'Association bretonne, 2001.
Glenmor, L'Homme du dernier jour, La Gacilly, 1992.
Le Coadic (R.), Entretien avec Glenmor réalisé en 1993, revue Armen, septembre 1996, n° 79.


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