Question ludique du mois : histoire d'ailes

Quel breton a inventé le mot aviation ?

L'inconnu en question...

Indice 1 : né de parents bretons à Montpellier en 1812 et mort à Paris, officier de marine, cet homme a vécu au Brésil, au Portugal, aux Antilles, en Algérie... avant de s'établir à Brest et Morlaix.

Indice 2 : il a fondé avec Nadar la Société d’encouragement pour la locomotion aérienne au moyen d’appareils plus lourds que l’air, où se retrouve l’élite intellectuelle parisienne.

Indice 3 : dans son roman Robur le Conquérant, le breton Jules Verne lui rend hommage.

Indice 4 : 30 ans plus tard, Clément Ader créa le mot "Avion" pour désigner l'un de ses appareils.

Indice 5 : en 1861, cet homme est également l'auteur avec Gustave Ponton d’Amécourt de prototypes d'hélicoptères mus par la vapeur et appelés Spiralifères.










Réponse : Gabriel de La Landelle !

G. de La Landelle (1812-1886).

        De son nom complet Guillaume Joseph Gabriel de La Landelle, ce pionnier de l’aéronautique fut également journaliste et écrivain de la mer. C’est le premier à faire mention du mot aviation dans son livre Aviation ou navigation aérienne sans ballons, paru en 1863. En introduction, il en explique l’étymologie ; du latin avis : l’oiseau, et de actio : action. 

      Il publie plusieurs livres sur l’aéronautique naissante : Dans les airs, histoire élémentaire de l’aéronautique (1884) où il retrace notamment les premiers vols d'un autre breton : Jean-Marie Le Bris, et même un roman : Pigeon vole, aventures en l’air, aviation (1868).

      Car Gabriel de La Landelle est surtout resté dans les mémoires pour ses ouvrages (la plupart à vocation maritime). Le romancier de la mer est en effet influencé par son ami Jules Verne (né à Nantes en 1828). En 1840, son premier livre connaît presque aussitôt un succès ; il devient " à la mode " et est rapidement admis dans les sphères intellectuelles de Paris. Écrivain prolifique, il est l'auteur de plus de 90 livres, quasiment tous liés au monde des océans. Et tous les codes et les lieux communs de ce type de récit y sont présents : enlèvements, bistrots à marins et entrepôts, atmosphère confinée du bateau et air du grand large, détente au port et tempêtes apocalyptiques, rythme rapide. G. de La Landelle y démontre sa profonde connaissance de la vie en mer du temps de la marine à voile.
" Pour le marin, le navire n’est pas simplement un corps matériel, une machine, un meuble, une caserne, c’est un être doué de vie et de sensibilité, qui gémit pendant la tempête, qui se lamente et pleure lorsque le calme l’enchaîne, qui dort au mouillage, qui veille et travaille au large. "
Un corsaire sous la Terreur, 1865, ici.

      Profondément chrétien et pacifiste, il combat farouchement, à travers rubriques et pamphlets publiés dans des journaux réactionnaires, les révolutionnaires de 1848, qu’il appelle « les incendiaires » et s'oppose également à la guerre de 1870 : " Oh la guerre ! J’enrage du matin au soir de la sottise universelle de l’espèce féroce prétendue humaine. " Alors âgé de 74 ans, Gabriel de La Landelle meurt de tuberculose en 1886.

Une haine à bord, 1885.

Pour aller plus loin :

ici, Le dernier des flibustiers, 1884. Récit assez simple à lire, puisque je l'ai découvert vers 10-13 ans.

Le Roy (T.), L'Hélicoptère : une invention prometteuse au XIXe siècle, dans Pour la Science, n° 31, mai-juillet 2007. 
                , Les Bretons et l’aéronautique des origines à 1939, Rennes, 2002.
Moniot Beaumont (R.), Histoire de la littérature maritime, Paris, 411 p., 2008.


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