Bas-Chantenay (1/5) : panorama à partir du pont de Cheviré

Juste avant la gare de Chantenay. [Légende ci-dessous]





Industrie J. Paris au premier plan. Nantes et la Loire à l'horizon.



Contexte historique :
Origines de l'activité industrielle du Bas-Chantenay


        Après les différentes lois (sur l'insalubrité d'octobre 1810...) visant à protéger les populations des dangers industriels, les filières nantaises du raffinage du sucre, de la savonnerie, de la métallurgie et de la ferblanterie, des conserves alimentaires, et de l'industrie chimique déplacent une grande partie de leur activité dans le Bas-Chantenay, où de grandes parcelles sont justement disponibles. Parallèlement à leur déménagement, les grandes industries se dotent d'un réseau de transport dense (chemin de fer, grandes routes) et aménagent les quais de Loire afin de recevoir leurs combustibles et leurs nombreuses matières premières également via le fleuve.


Répartition de l'occupation du sol dans le Bas-Chantenay en 2013.
        Tout au long du XIXème, grâce à l'implantation des industries, la population ouvrière croît très fortement à Chantenay. Ainsi, vers 1901, l'industrie et les entreprises liées fournissent environ 5.000 emplois pour une population de 20.163 habitants (la commune ne comptait que 1.800 âmes en 1806) ! Pendant le Première Guerre, les industries du Bas-Chantenay (dont Dion-Bouton, Mazettier) recrutent encore un peu plus afin de faire face aux commandes de guerre. Jusqu'en 1970, les filières industrielles s'adaptent, certes avec difficultés, à la concurrence et aux nouveaux marchés. Après, les productions de papeterie, savonnerie, raffinerie, conserverie, et fabrication d'engrais périclitent et disparaissent progressivement.


        Le Bas-Chantenay est vraiment un lieu à part dans la mosaïque urbaine de l'agglomération. Le coteau, le fleuve et l’industrie sont d'ailleurs les trois éléments incontournables de ce petit territoire. Le coteau résidentiel, assez pittoresque, est le poumon vert et un belvédère formidable sur la Loire. Cette dernière est une frontière identifiable. Un horizon ou un bord, pourtant bien mal mis en valeur, peu accessible et n'oublions pas totalement artificialisé pour les activités économiques depuis le XIXème siècle. L'industrie justement est le dernier marqueur du Bas-Chantenay. Présent sous forme de friches urbaines ( bâtiments plus ou moins délaissés) ou d'industrie encore en activité, ce parc industriel demeure encore souvent associé à des qualificatifs évoquant la répulsion, les nuisances. Mais certaines constructions sont symboliques de l'ère industrielle et ne demandent qu'à trouver de nouvelles vocations (loft, musée, pôle artistique, tout en y maintenant un bassin d'emploi, par exemple avec des activités tertiaires après réhabilitation (et non destruction) des structures existantes etc...).



Évolution de l'occupation humaine depuis l'Antiquité. Sources : Études Phytolab, mars 2015.

Explications : 
  1.  Imaginez maintenant que mes photographies sont prises presque à angle droit, à gauche des figures ci-dessus.
  2.  Avant le XIXème siècle, la Loire coule au pied du coteau et selon les saisons et les marrées, son niveau est variable. Parfois, elle découvre une grande plaine sédimentaire, parfois elle inonde certaines parties basses des rives.
  3.  Vers 1810, pour " s'affranchir des caprices naturels du fleuve, l'Homme remblaie la prairie inondable et creuse le lit de la Loire, changeant ainsi la géographie du site ". A l'est, les frères Crucy aménagent également le Canal de Chantenay. Le bâti résidentiel est éparse.
  4. 2014 : l'industrie portuaire a cédé la place à d'autres industries tournant le dos au fleuve. Le coteau résidentiel s'est fortement développé, lui aussi en se détournant de la prairie industrielle de 100 Ha en contrebas.





        Les photographies ci-dessus ne sont vraiment pas exceptionnelles, car elles sont prises à travers la vitre d'un véhicule en marche, avec en plus le parapet du pont qui était (pour moi) gênant.


Pour aller plus loin :

Croix (A.), (dir.), Nantais venus d'ailleurs, Histoire des étrangers à Nantes des origines à nos jours, Rennes, 2007. Chantenay est évoquée aux pages 101-102 et 125 concernant la migration des réfugiés acadiens vers la commune.
Guyvarc’h (D.), (dir.), La Mémoire d’une ville. 20 images de Nantes, Nantes-Histoire/Skol Vreizh, Morlaix, 2001. Les pages 74 à 82 évoquent Chantenay " Sainte Anne la Bretonne, Chantenay la Rouge ? ". Passionnant !
Pinson (D.), L'Indépendance confisquée d'une ville ouvrière Chantenay, Nantes, 1984.
Rochcongar (Y.) Machelon (J.P.), Capitaines d'industrie à Nantes au XIXème siècle, Nantes, Préf. MeMo ; E+PI, 2003. Très bel ouvrage, à retrouver ici.
Véronneau (F.), Les Ponts de Nantes d'hier et d'aujourd'hui, Nantes, 152 p, 1995.
ici, Commémoration de l'annexion de Chantenay à Nantes, ville de Nantes, 2008.
ici : j'avais aussi évoqué l'annexion de Doulon.
ici, une photographie aérienne panoramique du Pont de Cheviré et du Bas-Chantenay, à l'opposé de mes photos, auteur : Benoît Marembert, octobre 2014.

Pont de Cheviré, Chantenay, Nantes et Rezé (rive gauche).




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