Question ludique du mois : résistant

Quel incontournable résistant français a été arrêté à Audierne (Finistère) le 3 février 1944 ?






Indice 1 : ci-contre, une photographie de cet homme en compagnie de ses deux enfants (1932).

Indice 2 : agrégé d'histoire, journaliste, laïc, socialiste, il est né en 1903 à Paris.


Indice 3 : depuis 2015, il repose au Panthéon.


Indice 4 : après son arrestation à Audierne, il est transféré à Paris, puis torturé. Avant de révéler une information capitale, il préfère se suicider.







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Réponse : Pierre Brossolette (1903-1944)


        Ayant échappé à plusieurs arrestations, Pierre Brossolette doit rentrer à Londres, avec une nouvelle mission pour le Général de Gaulle. Mais les premières tentatives de fuite du territoire par avion échouent, ce qui l'oblige à tenter une exfiltration par la mer. Le 3 février 1944, le navire le Jouet des flots embarque avec à son bord une trentaine de personnes dont des résistants et des aviateurs alliés. En partance de l'Île-Tudy (entre Bénodet et Loctudy), ils doivent rejoindre une frégate anglaise à l'ouest de l'île de Sein. Sauf que le vent se lève, la houle est grosse et la visibilité réduite, si bien que la pinasse s'échoue sur des écueils côtiers non loin de la pointe du Raz. La résistance locale s'organise, ils sont rapidement mis en sécurité. Mais, lors d'un banal contrôle de routine de la police allemande sur la route d'Audierne, le groupe chargé de protéger Pierre Brossolette est dénoncé par une collaboratrice. Pierre Brossolette n'est pas reconnu, il est cependant transféré à la prison à Rennes et interrogé au siège de la Kommandantur locale pendant quelques semaines.


        Au regard de l'importance du résistant au sein de la France Libre, un projet d'évasion audacieux est très vite imaginé. Forest Yéo-Thomas, grand ami personnel de P. Brossolette et célèbre agent secret britannique se propose, il est parachuté en France. Sauf que suite à une série de maladresses de la Résistance à Paris, lui et la résistante Brigitte Friang sont reconnus et interpellés à Rennes avant d'avoir pu libérer P. Brossolette. Pire, leur projet d'évasion alerte un officier allemand du SD (Sicherheitsdienst, le service de renseignement de la terrible SS) qui fait le déplacement à Rennes le 19 mars. Le prisonnier est démasqué, aussitôt déplacé à Paris, avenue Foch, au quartier général du SD [alors que dans le même temps, ses deux amis libérateurs sont déportés respectivement à Buchenwald et Ravensbrück].


        Jusqu'au 22 mars, Pierre Brossolette subit de régulières séances de torture. Lors d'une pause, il se soustrait à la vigilance de son gardien et bien que menotté à sa chaise, ouvre la fenêtre et se jette dans le vide plutôt que de donner des noms. Il décède dans la soirée à la Salpêtrière.

Une des identités d'emprunt de P. Brossolette.


Pour en savoir plus :

ici : Quand Pierre Brossolette n'entra pas au Panthéon (1964), France Info, 27 mai 2015.
ici : un portrait du résistant, Ce jour-là : la mort de Pierre Brossolette, archive INA du 22 mars 1969.
Brossolette (G.), Il s'appelait Pierre Brossolette, Paris, 1976.
Friang (B.), Regarde-toi qui meurs, Paris, 1978.
Perrier (G.), Pierre Brossolette, le visionnaire de la Résistance, Paris, 1997.
Piketty (G.), Pierre Brossolette, un héros de la Résistance, Paris, 1998.
Roussel (E.), Pierre Brossolette, Paris, 2011.
Wievjorka (O.), Histoire de la Résistance, Paris, 2013.


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