Vue des quais de la Loire, la Petite Hollande et la Bourse...

William Parrot, Nantes, vue des quais de la Loire, la Petite Hollande et la Bourse, 1864. Huile sur toile, Musée départemental Dobrée.

        William Parrot (1813-1869), peintre, aquarelliste et lithographe anglais, membre de la Royal Académie, s'est beaucoup attaché à la représentation des ports dynamiques français et italiens. Or au XVIIème siècle, Nantes accueille de nombreux négociants, particulièrement de nationalité espagnole et hollandaise. Installés au début du quai de la Fosse, à l'extrémité de l'île Feydeau, les Néerlandais, donnent d'ailleurs à cette partie de la ville le surnom de Petite-Hollande. Sur le quai de la Fosse, les navires de guerre de plus de 300 tonnes accostent également jusqu'au XVIIIème siècle. Par la suite, ils s'arrêteront à Paimboeuf.

        La toile de W. Parrot, tout en étant précise, n'est pas dénuée d'un certain romantisme. Certains bâtiments et quartiers nantais sont aisément identifiables : la Bourse, construite de 1790 à 1815, le dôme de la chapelle de saint Julien, les quais où s'installent les armateurs au XVIIIème siècle, les arbres de la Petite-Hollande, les maisons de l'île Feydeau, la cathédrale et l'église Sainte-Croix. Il faut cependant remarquer que la perspective entre ces deux derniers bâtiments et la Bourse est faussée. Autre erreur du peintre, à la pointe de l'île, Parrot a représenté une construction circulaire. Or, il a résidé à Nantes en 1844, et ne peint le tableau qu'en 1864. Travaillant de mémoire, et d'après esquisses, il a interverti deux bâtiments conçus par Crucy, la Poissonnerie et les Bains, qui forment les deux extrémités de l'île. Nous devrions voir la Poissonnerie et nous voyons les Bains construits en 1802 et démolis en 1869. Le long des quais court une voie de chemin de fer, correspondant à la ligne Nantes - Saint-Nazaire, créée en 1857. La gare était un petit bâtiment situé près de la Bourse.

        Une multitude de silhouettes anime la composition. Parmi les personnages : les promeneurs sur les quais, la femme en bayadère, l'homme qui repeint son bateau, et les Nantais sur le bac de Loire. Le plus grand des bateaux porte le nom de La Belle Eugénie, hommage à l'impératrice Eugénie de Montijo.

Texte corrigé, issu en partie du Grand Patrimoine de Loire-Atlantique.


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