Gravure du port de Nantes (18ème)

Ozanne Nicolas (attribué), Le port de Nantes vu à partir de l'île Gloriette.

        Considéré comme le 1er port d’Europe en 1704, Nantes occupe le premier rang des ports français jusqu’au milieu du XVIIIe siècle. En 1725, irlandais, anglais, portugais, espagnols et surtout hollandais, représentent 13% des négociants du port de Nantes.

        Le siège de la Compagnie des Indes étant installé à Lorient en 1733, la traite négrière devient une source de profit considérable. Les bateaux armés dans le port de Nantes, entre 1707 et 1793, représenteront 42% du trafic français.

        Déportés, les Africains sont vendus comme esclaves à la Martinique, à la Guadeloupe et surtout à Saint-Domingue, avant que les bricks négriers importent sucre brut, rhum, indigo, épices, café, cacao, tabac. Le port de Nantes est alors un vaste marché de réexpédition des denrées coloniales vers les autres ports d’Europe.

        Seul l’ensablement de l’estuaire complique l’accès à Nantes des navires de fort tonnage. Des ports comme Le Croisic et surtout Paimboeuf deviennent des avant-ports. Les marchandises sont chargées sur des gabarres, qui remontent l’estuaire jusqu’à Nantes.

Sources : Histoire du port, Port de Nantes Saint-Nazaire.

La vision de l'esclavage par les contemporains

        Dans la culture du XVIIIème siècle, la traite des Noirs est globalement acceptée, le philosophe des Lumière Voltaire a lui-même pris des parts dans un armement négrier. Ensuite, malgré leurs convictions humanistes, les armateurs nantais justifieront le trafic par l’argument économique, criant à la banqueroute des colonies si le système était aboli.

Gérard Mellier, maire de Nantes (1720-1729) :

     " La Négritie est une grande d’Afrique divisée en plusieurs royaumes, dont les peuples sont si nombreux qu’il leur serait difficile de subsister si, par le trafic d’esclaves, ils n’étaient pas déchargés tous les ans d’une partie de ceux qui l'habitent "
[...]  
     Les Nègres [...] ne sont propres qu’à vivre dans la servitude et pour les travaux et la culture des terres de nos colonies de l’Amérique. "

       

Pour en savoir plus :

ici : Le gâteau nantais, article du 29/09/2015.
ici : Les femmes et le commerce maritime à Nantes (1660-1740), article du 27/01/2015.
ici : Portrait de deux époux nantais ou les symboles de la réussite marchande au XVIIIème siècle, article du 26/02/2015.
De Wismes (A.), Nantes et les temps des négriers, Nantes, 1983.
Michon (B.), Le port de Nantes au XVIIIème siècle, Paris, 2011. Introduction ici (consultation 18/02/2016). 


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